Ibris Al Maïma

Ibris Al Maïma
Quand il faut y aller … (illustration Midjourney)

Ibris Al Maïma d’alias Utilise Anticipée est un enfant de l’Abram. Sa mère, Rena MEM, d’alias Cercle Et Neige est une attachée de seconde génération. Elle est née sur Pimbus au sein de la colonie d’Anater de la Non Pensée. Anater est un regroupement de TekTekno libre af’ qui concentrent leurs études sur les virus itinérants, ceux-là mêmes qui voyagent de planètes en planètes. Désireux d’avoir un enfant, Rena est revenu sur le Traceur pour pouvoir l’élever dans de meilleures conditions. Sur Pimbus, la jeune colonie n’offrait pas encore toute la sécurité et les aménagements propres à offrir un cadre idéal pour l’éducation et la vie d’un enfant.

Ibis à quatre laps, bientôt cinq. C’est une sapiens, animal, mammifère de la race impériale Mechalyte. Elle est de sexe féminin. D’une nature impétueuse, elle est vive, curieuse, persévérante (pour ne pas dire têtue). Elle vit avec sa mère dans le secteur Kobo qui accueille un grand nombre de races Bio mammifères partageant un biome tempéré et une atmosphère hydrogène hélium.

Ibris tourne en rond un long moment dans sa chambre. Elle pèse le pour et le contre. Elle sait que sa mère ne s’opposera pas à sa décision mais elle ne peut s’empêcher d’éprouver des scrupules à vouloir quitter le cocon familial alors que rien ne l’oppose à Rena, bien au contraire. Leur relation est fusionnelle. Elles se comprennent, savent anticiper les besoins et les attentes l’une de l’autre. Mais elle a tellement envie de partir pour découvrir l’Abram, de voyager d’un bord à l’autre, de traverser ses secteurs, de rencontrer ses milliers de races, de visiter ses villes, ses pays, ses archologies, ses monuments.

C’est Sacha, sa meilleure amie qui lui a parlé du Libertum une tradition qui ressemble un peu à La Chasse aux Petits V. Les enfants quittent leur foyer pour vivre en voyageant au travers de l’Abram. Ils sont accueillis partout et ne manquent jamais d’un toit pour s’abriter, dormir et manger. Ils peuvent rester parfois chez des attachés pendant un temps, découvrir leur vie, leur quotidien et puis repartent en quête de nouvelles rencontres et découvertes.

Aussi c’est décidé, et même si elle est encore jeune, elle partira ce deter pour entreprendre son grand voyage.

Elle termine de préparer son sac : quelques vêtements, ses affaires de toilette, ses parures de cou préférées, plusieurs paquets de biscuits Lola, et quelques figurines de sa collection Bruka pour offrir en remerciement si besoin. À sa cheville, elle ajuste l’anneau de sa combinaison réflexive.

Sa mère travaille à l’étage supérieur du nid. Elle grimpe prestement par le tronc central éprouvant par là même ses nouvelles griffes de ce début de saison sèche. Sa mère n’est pas seule. Ibris sent sa détermination vaciller. C’était Roxta, leur voisine et amie qui est venu se faire peigner. Roxta a besoin de réconfort, son propre fils vient d’entreprendre son Libertum il y a moins d’un réel et elle reste inconsolable. Le pelage d’Ibis se hérisse de la queue à la tête.

« Je ne pouvais pas tomber plus mal » geint-elle intérieurement.

Elle s’apprête à rebrousser chemin lorsqu’elle aperçoit le sac sur la petite table de l’entrée. Entrouvert, on distingue à l’intérieur la silhouette d’un Macopsa. C’est une petite statuette de cinq centimètres de haut à l’effigie de dieu chafouin Ilinïïs, le dieu protecteur des voyageurs. Quand elle relève les yeux, Rena tient toujours Roxta dans ses bras mais son regard est pour elle. Elle a les larmes au bord des yeux mais aussi un petit sourire à la commissure des lèvres. Ibis se précipite dans les bras des deux femmes et bientôt toutes les trois se caressent, feignant de s’épouiller en riant, se peignant à rebrousse-poil, se mordillant les oreilles qu’elles ont toutes dressées, à l’affût du moindre jappement de bonheur, de tendresse, d’émotion. Leur étreinte dure longtemps, bercée par les respirations mêlées.

Puis Ibris sent sa mère la repousser délicatement, lui remettre sa fourrure qu’elle avait en bataille à peu près en ordre. Un dernier regard chargé de toute la bienveillance que le normal peut porter et elle tourne le dos, récupère son barda, y fourre la petite figurine après l’avoir frotté rapidement sur sa joue, saisit la liane de sortie et se laisse glisser par le trou au centre de la hutte.

Lorsqu’elle se réceptionne avec agilité sur la petite passerelle accrochée sous le nid, elle respire profondément, cligne deux fois de ses paupières doubles et embrasse la vue qui s’offre à elle. Dans l’aube naissante, les milliers de boules pelucheuses que forment les nids agglomérés de son village offrent un paysage d’habitations duveteuses qui dévalent la courte pente qui semble vouloir toutes les jeter dans la rivière qui coule paresseusement au fond de la vallée.

Tout autour la forêt forme une muraille, un cocon maintenant les sphères entre elles.

Il fait déjà chaud et l’humidité sature l’atmosphère tropicale.

Ça y est. Plus de marche arrière possible. Mais de toute façon Ibris n’en a pas envie.

Elle lève le nez et hume le vent de la liberté.

Aujourd’hui elle part à la découverte de son Traceur !

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